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MSR, Musée Sain MSR, Musée Sain


Place Saint-Sernin. Tél. : 05 61 22 31 44. Ouvert 7/7. 10:00-18:00. Gratuit pour les - de 18 ans. Gratuit pour tous chaque 1er dimanche du mois.

Bloc de haut-relief : Amazones au combat




En 1609,  grâce à une décrue violente de la Garonne qui fit descendre le fleuve sous son niveau habituel, on crut avoir trouvé à Toulouse le temple dédié à la déesse Minerve, dans une situation des plus curieuses : au milieu de la Garonne, environné d'eau, sur l'emplacement de la chaussée du Bazacle !  Ce que les études des archéologues de l'Inrap, associées à des observations dans l'eau ont confirmé : il y a bien eu une construction romaine importante sous l'Espace Bazacle actuel, entre ce qui était alors deux bras du fleuve. Tandis que la chaussée avait été bâtie en remployant quantité d'éléments lapidaires arrachés à divers monuments antiques.  Il semblerait que les vestiges du monument mis au jour par les caprices du fleuves aient été récupérés et utilisés comme matériaux de construction du quai de la prairie des filtres. Parmi ces blocs, l'un deux, sculptés de personnages, est entré dans la collection du Chevalier Pierre Rivalz, peintre et professeur à l'Académie royale des Arts fondée par son père Antoine. Il était, au XVIIIe siècle, un des grands collectionneurs d'oeuvres antiques et sa collection est en partie entrée au musée de Toulouse, aujourd'hui, au musée Saint-Raymond.
Ce bloc de marbre, d'1 m 40 de large sur 58 cm de haut, représente le combat de deux Amazones contre un homme, un géant ?

Celle de droite est vêtue d'un chiton serré à la taille par une ceinture, dont l'étoffe adhère au corps et se soulève vers le bas au cours de l'action. Le sein droit est dénudé. De son bras gauche relevé, elle se protège derrière un bouclier-pelte. Son bras droit abaissé tient une épée dont le type lancéolé appartient au monde grec.
Celle de gauche  est prise dans une ample draperie qui s'agite et s'envole. De sa main gauche elle saisit vigoureusement la chevelure d'un homme terrassé. Celui-ci est vêtu d'une chlamyde rejetée sur le dos et se défend de son bras gauche levé. L'Amazone s'apprête à le frapper d'une arme tenue du bras droit.

Les qualités monumentales de la sculpture, pleine d'animation et dont les figures sont cernées d'une rainure qui les détache du fond, sont évidentes. Il faut restituer au moins trois blocs superposés  tels que celui-ci pour que la scène soit complète, constituant un relief d'au moins 1 m 80 de haut, les personnages étant à peu près de grandeur naturelle.

La lutte des héros grecs (le plus souvent Hercule, Thésée et leurs compagnons) et des Amazones est l'un des sujets de prédilection de la sculpture grecque classique des Ve et IVe siècles avant notre ère. Ce morceau toulousain s'inscrit probablement dans une perspective idéologique et politique :  Rome ayant au début de l'Empire repris à son compte ce thème des héros civilisateurs. Son appartenance à l'un des monuments majeurs - un temple ? - de la ville  peut se justifier. Cependant, la position sur le fleuve, à l'arrivée de la cité par l'ouest, au déboucher du gué, hors les murs donc et dans une zone qui s'est révélée grâce aux fouilles récentes être une zone funéraire dès le 1er siècle de notre ère, pourrait aussi, à la suite des études de certains chercheurs, laisser supposer son appartenance à un tombeau monumental, voire un mausolée.

Inv. Ra 2b

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