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MSR, Musée Sain MSR, Musée Sain


Place Saint-Sernin. Tél. : 05 61 22 31 44. Ouvert 7/7. 10:00-18:00. Gratuit pour les - de 18 ans. Gratuit pour tous chaque 1er dimanche du mois.


Découverte du costume antique à travers les collections du musée



Ce sont les vestiges archéologiques qui nous en apprennent le plus sur les civilisations antiques. Ils nous permettent de comprendre des organisations sociales ou encore religieuses. Mais leur interprétation se limite souvent à leur seule fonction, alors qu’ils nous en disent plus qu’on ne le croit… En effet, les découvertes de vêtements entiers en contexte antique étant très rares, ce sont ces sculptures, céramiques ou mosaïques qui nous donnent des indications sur les costumes gréco-romains et celtes. Les collections du musée Saint-Raymond, grâce à leur diversité, nous ont ainsi incité à nous pencher sur la question du costume dans l’Antiquité.


• Le vêtement grec, du drapé et du cousu

Tous les vêtements portés par les Grecs ont la même base : une pièce de tissu rectangulaire qui peut atteindre 2 m de largeur pour 3 m de longueur. Ils se différencient ensuite par la façon dont ils ont drapés, cousus ou disposés.
Le chiton, par exemple, est la pièce de vêtement la plus courante puisqu’elle est portée par les hommes, les femmes et les enfants. Lors de sa réalisation, la pièce de tissu de base est pliée dans sa largeur. Les bords latéraux sont ensuite cousus pour former un tube cylindrique et les bords supérieurs réunis par de petites fibules (sortes d'épingles de nourrice) ou des boutons (ces boutons étant cousus, les boutonnières n’apparaissent qu’au Moyen Âge) disposés à intervalles réguliers. Des ouvertures sont ménagées pour la tête et les bras.  Le chiton est tissé en lin et très finement plissé, ce qui permet de le reconnaître quand il est porté sous un manteau. Les plis sont réalisés grâce à la technique du plissé à l’ongle. Une fois plissés à la main, les vêtements étaient pliés pendant plusieurs jours après avoir été serrés et noués avec des rubans. Le chiton est très peu représenté sur les sculptures, sûrement à cause de ces plis mais on le retrouve parfois sur des vases peints.
 

Photo : J.-F. Peiré
Photo : J.-F. Peiré
Au contraire, le peplos, pièce uniquement féminine, est très présent dans l’iconographie et surtout sur la sculpture. Comme pour le chiton, la pièce de tissu de base est pliée dans la largeur. Cependant, les bords latéraux ne sont pas obligatoirement cousus. Ils peuvent rester libres, être cousus juste sur le buste ou sur toute la hauteur. On parle de peplos ouvert, semi-fermé ou fermé. La partie supérieure peut être rabattue. Le rabat ainsi formé est appelé apoptygma. Il peut descendre jusqu’aux genoux et être relevé à l’arrière pour former un voile. Aux épaules, le peplos est fixé par deux fibules.

Sur cette sculpture, la déesse Athéna porte un peplos fermé, ceinturé.

Statue d’Harpocrate datant du IIe ou du IIIe siècle, découverte à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Statue d’Harpocrate datant du IIe ou du IIIe siècle, découverte à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
L’exomide est un vêtement quelque peu à part. C’est une tunique courte réalisée sur le même modèle que le peplos mais qui ne couvre qu’une seule épaule. Ce vêtement est porté par les hommes dont l’activité nécessite une grande liberté de mouvements, comme les artisans ou les agriculteurs.

Harpocrate, qui garantit la fertilité, est ici représenté en moissonneur : il porte l'exomide.

Réplique (IIe siècle) en miniature de la statue d’Athéna du type Velleteri sculptée par le Grec Crésilas au IVe siècle avant notre ère. Découverte à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Réplique (IIe siècle) en miniature de la statue d’Athéna du type Velleteri sculptée par le Grec Crésilas au IVe siècle avant notre ère. Découverte à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Les vêtements de dessus grecs sont uniquement drapés. Les hommes comme les femmes portent l’himation, un manteau en laine épaisse formant un vaste rectangle. Il peut être drapé de différentes façons. Porté en châle sur le dos et les bras, il couvre la personne de la tête aux pieds. Il peut être posé sur l’épaule (la gauche pour les hommes et la droite pour les femmes), envelopper le dos et passer sous le bras ou sur la hanche opposée. A l’avant, il peut être ramené sur la hanche (gauche pour l’homme et droite pour la femme ) ou rejeté sur l’avant-bras ou l’épaule gauche. Ce dernier ajustement est spécifique aux orateurs.

Sur cette statue, la déesse porte un himation sur son pleplos.

Fragment d’un relief représentant l'empereur Maximien Hercule, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Fragment d’un relief représentant l'empereur Maximien Hercule, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré

• Une continuité des formes dans le costume romain

A l’instar des Grecs, les Romains portent des vêtements cousus et des vêtements drapés. Cependant, en dehors des vêtements de dessus, les pièces du costumes sont cousues.
Les hommes portent une tunique courte formée de deux pans rectangulaires cousus ensemble avec des espaces ménagés pour la tête et les bras. Il existait une multitude de formes pour cette tunique. Par exemple, sur les fragments du relief représentant l'empereur Maximien Hercule on voit sûrement une dalmatique, une tunique de laine blanche à très longues manches.

Petit buste féminin du deuxième tiers du IIIe siècle, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Petit buste féminin du deuxième tiers du IIIe siècle, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Les femmes portent la stola, une tunique ample qui descend jusqu’aux pieds, formée elle aussi de deux pans rectangulaires cousus ensemble. Les manches sont réalisées à part et rapportées. Elles s’arrêtent au coude ou au poignet. Il arrive que ces manches soient fixées aux emmanchures à l’aide de petites fibules à l’imitation des chitons grecs, comme c'est le cas sur ce petit buste féminin.
 

Les citoyens romains sont dans l’obligation de porter la toge dans les lieux publics. La toge est une pièce d’étoffe taillée en demi-cercle dont la forme et le drapé évoluèrent considérablement.
Au début de la République, la toge se drape serrée à la personne, immobilisant le bras droit à la manière grecque.
Au début de l’Empire, la toge atteint des dimensions si vastes que la draper sur soi nécessite l’aide d’un esclave. La partie rectiligne de la toge est posée sur l’épaule, le tissu est ensuite déployé dans le dos puis ramené devant en passant sous le bras droit et rejeté sur l’épaule gauche. Le pli formé dans le dos doit pouvoir se rabattre sur la tête comme un voile.
 

Grand buste féminin du milieu du IIIe siècle, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Grand buste féminin du milieu du IIIe siècle, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Le pallium et la palla, respectivement portés par les hommes et les femmes, se drapent comme l’himation grec. La palla est retenue par la main droite sur l’épaule gauche et peut se rabattre sur la tête comme un voile.
Les femmes mariées portent le flammeum, un voile de couleur rouge-orangé.

Cette femme est drapée dans sa palla. Un fragment de doigt sur l’épaule gauche de la statue nous indique qu’elle devait le retenir de sa main gauche.

L’exomide est aussi portée par les Romains : les domestiques, les esclaves ou les hommes de basse condition.
 

Relief représentant le combat d’Hercule et de Géryon, du IIIe siècle, provenant de Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Relief représentant le combat d’Hercule et de Géryon, du IIIe siècle, provenant de Chiragan. Photo : J.-F. Peiré

• Le costume militaire

Les cuirasses des Grecs et des Romains sont assez semblables. Celle des Grecs est composée d’écailles métalliques cousues et celle des Romains de deux plaques de métal moulant le thorax. Ces cuirasses sont prolongées sur les cuisses par des lambrequins de cuir et de métal qui peuvent être extrêmement travaillés et surpiqués comme le montre ce relief. Sur les plus riches cuirasses se trouvent des ptéryges, pièces de cuir ou de métal qui peuvent être circulaires ou semi-circulaires. Elles peuvent être décorées de symboles apotropaïques (protecteurs) comme le gorgoneïon, tête de la Gorgogne qui se trouve notamment sur le bouclier d'Athéna, ou les emblèmes des différentes légions. Par exemple, deux béliers affrontés renvoient à la IIe légion d'Auguste.
 

Buste de Marc Aurèle jeune, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Buste de Marc Aurèle jeune, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Grecs comme Romains portent la chlamyde. De forme trapézoïdale et tissée de fils de laine très solides, elle s’agrafe par une fibule sur l’une des deux épaules, sous le menton ou dans le dos. La chlamyde pouvait s’employer enroulée autour du bras gauche pour parer les coups. A Rome, la chlamyde devient le symbole du pouvoir et les futurs empereurs sont souvent représentés la portant.
Sur ce buste (sculpté vers 145), Marc Aurèle, qui deviendra empereur à partir de 161, la porte retenue sur son épaule droite par une fibule ronde. 
 

Casque romain en tôle, provenant de Vieille-Toulouse en Haute-Garonne, Ier siècle avant notre ère. Photo: J Dieuzaide
Casque romain en tôle, provenant de Vieille-Toulouse en Haute-Garonne, Ier siècle avant notre ère. Photo: J Dieuzaide
Les militaires romains portent le casque. Le modèle le plus commun est dit « en casquette de jockey ». Il comporte une calotte, qui épouse la forme du crâne, et un couvre-nuque légèrement débordant. Le casque comprenait aussi une jugulaire, ce dont témoignent les deux trous du casque exposé au musée Saint-Raymond. La tôle qui le compose étant assez fine, elle a été doublée d'une épaisse calotte de cuir pour rendre la protection plus efficace. Les casques des empereurs ou des généraux sont surmontés d’un cimier de plumes verticales.

Fragment de statue, découvert à Toulouse au nord de la cathédrale Saint-Etienne. Photo : Mairie de Toulouse
Fragment de statue, découvert à Toulouse au nord de la cathédrale Saint-Etienne. Photo : Mairie de Toulouse
Des chaussures particulières viennent compléter cet équipement : les crépides. Ce sont des chaussures ouvertes avec une semelle de 1 cm d'épaisseur sur laquelle sont fixées des brides. On appelle amentum la large courroie qui passe par des œillets et s’entrelace sur le coup-de-pied jusqu’à la cheville.
 

Boucle d'oreille en or. Photo : J.-F. Peiré
Boucle d'oreille en or. Photo : J.-F. Peiré

• Bijouterie romaine

Le goût de la parure est très présent chez les Romains et en particulier chez les femmes. Elles portent des colliers, des bracelets, des boucles d’oreille ou encore des diadèmes.  Au Ier siècle, les motifs de sphère et de demi-sphère sont très courants dans l’ensemble de l’Empire. On a ainsi retrouvé à Pompéi des bracelets ornés de demi-sphères à l’instar de cette boucle d’oreille.

Mosaïque du IVe ou du Ve siècle représentant Thétis et Triton. Découverte à Saint-Rustice, Haute-Garonne. Photo : J.-F. Peiré
Mosaïque du IVe ou du Ve siècle représentant Thétis et Triton. Découverte à Saint-Rustice, Haute-Garonne. Photo : J.-F. Peiré
Les perles sont aussi très appréciées, Cléopâtre possédait deux grosses perles montées en boucle d’oreille qui avait une valeur de 10 000 000 de sesterces - sachant q'un ouvrier romain gagnait 1 000 sesterces par an !  Ces perles pouvaient être montées en boucles d’oreille, sertir des pierres ou encore être mêlées à la coiffure comme sur la mosaïque de Thétis et Triton.

Buste de l'impératrice Sabine portant un diadème, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Buste de l'impératrice Sabine portant un diadème, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Le bijou le plus emblématique de la production romaine est sans doute le diadème. A l’origine le diadème est un bandeau blanc qui peut être richement décoré et qui est l’emblème des royautés orientales.
Adopté par les descendants d’Alexandre le Grand, il est rejeté par les Romains de la République car trop synonyme de royauté. Il devient alors une parure exclusivement féminine. Selon certains historiens, seules Vénus et parfois Junon peuvent être représentées avec un diadème. Les diadèmes sont lisses ou le support d’une riche ornementation.
 

Bague à intaille, Ier-IIe siècle. Photo : Mairie de Toulouse
Bague à intaille, Ier-IIe siècle. Photo : Mairie de Toulouse
Sous l’Empire, le port de la bague se généralise chez l’homme et la femme. La plupart de ces bagues présentent un chaton à intaille. La technique de l’intaille est opposée à celle du camée ; elle consiste à tailler en creux un matériau semi-précieux comme l'agate ou la cornaline.

Buste de Marc Aurèle (vers 175), découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Buste de Marc Aurèle (vers 175), découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré

• La coiffure et la barbe, des accessoires à part entière

Les hommes grecs portent les cheveux longs et bouclés jusqu’au Ve siècle avant notre ère. Ils n’hésitent pas à porter des perruques et des cheveux postiches. Jusqu’aux Guerres médiques, ils associent cette coiffure à une longue barbe taillée en pointe. Cette barbe est caractéristique, sur les vases ou peintures, de l'homme mûr. La barbe caractérise ensuite les philosophes.
C’est cette idée que reprennent les Romains au IIe siècle notamment les empereurs comme Hadrien (117-138) ou Marc Aurèle (161-180).

Vénus de Martres-Tolosane, découverte à Chiragan. Réplique romaine de l'Aphrodite de Cnide, sculpture grecque du IVe siècle avant notre ère. Photo : J.-F. Peiré
Vénus de Martres-Tolosane, découverte à Chiragan. Réplique romaine de l'Aphrodite de Cnide, sculpture grecque du IVe siècle avant notre ère. Photo : J.-F. Peiré
Pour les femmes grecques, la coiffure est un élément essentiel de l’élégance. A partir du Ve siècle avant notre ère apparaît la coiffure grecque classique. Elle se compose de deux bandeaux ondulés relevés par un ruban et réunis en un chignon à l’arrière du crâne. Peuvent s’ajouter à ces compositions des rubans et bandelettes soutenant des bijoux ou des breloques.
 

Portrait de Julie (fille d'Auguste), découvert à Béziers. Photo : Rien Bongers
Portrait de Julie (fille d'Auguste), découvert à Béziers. Photo : Rien Bongers
A Rome, la coiffure de la République est très semblable à la coiffure grecque classique. Mais, très vite, celle-ci va se compliquer et devenir le symbole de l’élégance d’une femme. Ce sont d’ailleurs les impératrices qui mettent à la mode  les coiffures. Les monnaies véhiculent leurs portraits à travers tout l’empire et deviennent ainsi des véritables catalogues des coiffures en vogue. Livie, la femme d’Auguste met ainsi à la mode le nodus, coiffure consistant à relever les cheveux sur le front en une large boucle.

Petite tête féminine du milieu du Ier siècle. Photo : J.-F. Peiré
Petite tête féminine du milieu du Ier siècle. Photo : J.-F. Peiré
Au cours du Ier siècle se développent de plus en plus les boucles et les frisures. Ces boucles sont réalisées grâce à des tubes de métal chauffés appelés calmistrum. Cette mode atteint son apogée durant la dynastie des Flaviens (69-96) avec notamment la coiffure en nid d’abeille mise cette fois à la mode par la deuxième épouse de l'empereur Titus, Marcia Furnilla. Les boucles sont étagées en diadème autour du front sur une hauteur pouvant aller jusqu’à 30 cm.

 

Portrait d'une inconnue, vers 130, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
Portrait d'une inconnue, vers 130, découvert à Chiragan. Photo : J.-F. Peiré
A partir du début du IIe siècle, les coiffures redeviennent plus sages. Les cheveux sont tressés en couronne et en turban ou disposés en « côtes de melon ». La coiffure grecque classique redevient à la mode et à l’étagement en boucles et en nattes sont préférées des coiffures simples retenues par des bijoux .
Sur ce buste, la coiffure est composée de tresses et de mèches enroulées pour composer un turban.

Statuette en bronze de Mercure accroupi, découvert au Pouy-de-Touges en Haute-Garonne. Photo : J. Glories
Statuette en bronze de Mercure accroupi, découvert au Pouy-de-Touges en Haute-Garonne. Photo : J. Glories

• Les Celtes

La différence la plus importante entre le costume gréco-romain et le costume celte est sans doute le port de braies. Ancêtres de nos pantalons, ce sont des caleçons longs. Elles peuvent être flottantes, ajustées ou encore larges et resserrées aux chevilles.  Elles sont souvent retenues par des bandes entrecroisées qui s’attachent sous le pied. C’est sûrement ce que porte ce Mercure accroupi.

La tunique des Celtes est par ailleurs beaucoup plus courte que la tunique romaine. Par-dessus cette tunique et les braies, est porté le saie, manteau spécifique des Celtes et des Francs. Il est carré ou rectangulaire et fixé avec une fibule. Il est parfois porté à même la peau.

Torques en or du début du IIe siècle avant notre ère, découvert à Fenouillet en Haute-Garonne. Photo : J.-F. Peiré
Torques en or du début du IIe siècle avant notre ère, découvert à Fenouillet en Haute-Garonne. Photo : J.-F. Peiré
Les guerriers celtes portent des parures composées d’anneaux de cheville et de torques. Ces bijoux étaient réellement portés par les guerriers avant d'être offerts à des divinités chtoniennes, divinités du monde souterrain et de la mort. Ils les récupéraient avant de partir au combat, se chargeant ainsi d’une ardeur belliqueuse supérieure. Les fermoirs sont quasiment invisibles, ce qui a laissé penser à certains archéologues du XXe siècle qu’il s’agissait en fait de diadèmes ou de couronnes. Ceux exposés dans le musée, ainsi que les anneaux de chevilles, sont en or, laissant présumer de la richesse de la région. Les décors sont multiples et peuvent s'inspirer des couronnes florales hellénistiques ou reprendre des motifs classiques de l’art celte.

Clara Delannoy, étudiante à l'Ecole du Louvre et stagiaire au musée Saint-Raymond.
 

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