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Place Saint-Sernin. Tél : 05 61 22 31 44. Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h.

Les Mercredis de l'Archéologie



Les Mercredis de l'archéologie : Les migrations humaines au fil du temps
Ce nouveau cycle des Mercredis de l’Archéologie sera l’occasion, pour les chercheurs de TRACES, de présenter les avancées les plus récentes sur ces questionnements dont la thématique est en lien avec l'exposition "Wisigoths. Rois de Toulouse" qui sera présentée au musée Saint-Raymond à partir du 27 février.


Des pas imprimés sur le sol il y a environ 10000 ans, Ol Donyo Lengaï (Tanzanie) Crédits : © R. Clark / National geographic creative
Des pas imprimés sur le sol il y a environ 10000 ans, Ol Donyo Lengaï (Tanzanie) Crédits : © R. Clark / National geographic creative

Le Paléolithique et la planète nomade

Par François Bon
Professeur à l'université Toulouse Jean Jaurès, TRACES


Prenons les choses à l’envers : si, il y a 10 000 ans environ, toutes les principales parties du monde, du piémont andin jusqu’au désert central australien, du Cap de Bonne-Espérance au Détroit de Behring, ont déjà été sillonnées par des populations humaines, c’est que celles-ci ont depuis bien longtemps accompli d’intenses mouvements à la surface de la planète. Et ce sont bien ces chasseurs-cueilleurs paléolithiques à qui l’on doit d’avoir inventé une humanité universelle et sculpté les contours d’un monde bientôt plein. Et pourtant, qu’il est difficile de matérialiser et de raconter en détail les migrations que cela suppose ! A chaque fois que l’on saisit leurs traces, on a l’impression d’avoir affaire à des peuples autochtones, bien implantés dans leurs milieux respectifs depuis la nuit des temps, et non à des pionniers en mouvement. C’est en suivant la piste de cet apparent paradoxe, qui ne se résout qu’en tenant compte de l’épaisseur du temps de la Préhistoire, que nous allons tâcher de débusquer celle de ces grands découvreurs qui, depuis l’Afrique dont les premiers partent il y a quelques 2 millions d’années, nous entraîneront tout autour du monde.


Le mercredi 29 janvier 2020, 18:00-20:00
Gratuit. Réservation obligatoire sur le site Festik.

 

Oppidum de l’Ermitage (Alès) mosaïque et détails du bâtiment 25 et ses abords (crédit photographique : V. Blanc-Bijon)
Oppidum de l’Ermitage (Alès) mosaïque et détails du bâtiment 25 et ses abords (crédit photographique : V. Blanc-Bijon)

Les migrations italiques vers la Gaule Narbonnaise, l'architecture entre le IIème s. av. J.-C. et le Ier s. apr. J.-C.

Par Antonella Donato
Doctorante de l'université Toulouse Jean Jaurès, TRACES


L’incursion romaine en Gaule a d’abord été motivée par de puissants enjeux économiques, ceux de maintenir l’itinéraire stratégique reliant l’Italie à la péninsule Ibérique et au reste de la Gaule. Mais, les nombreuses céramiques italiennes retrouvées dans tout le sud de la Gaule montrent que de nombreux negotiatores étaient présents en Gaule Narbonnaise dès la moitié du IIIème s. av. J.-C. L’influence romaine précède donc sensiblement l’obtention du statut provincial et les villes commencent à acquérir une parure monumentale bien avant la date de la conquête. Dans les décennies qui suivent la déduction provinciale, les recherches récentes menées notamment à Alès ou à Vié Cioutat, et les quelques sources écrites à disposition, comme le Pro Fonteio, indiquent une présence massive d'artisans "étrangers", principalement italiens, capables de réaliser des pavements classiques (y compris des mosaïques), voire de fabriquer des terres cuites architecturales décoratives. Dans le sud de la Gaule, le répertoire architectural traditionnel et le substrat indigène a eu un poids tel que certaines formes architecturales peuvent être expliquées seulement par une forme d'hybridation de formes autochtones. Cette conférence sera l’occasion de présenter l'influence exercée par les Romains sur la société gauloise entre le IIème s. av. J.-C. et le Ier s. ap. J.-C. et tout particulièrement la forte empreinte que les populations italiques ont laissée sur l'architecture de la Gaule Narbonnaise.


Le mercredi 5 février 2020, 18:00-20:00
Gratuit. Réservation obligatoire sur le site Festik à partir du 5 janvier 2020.

 

Peigne wisigothique conservé au musée Saint-Raymond de Toulouse (crédit photographique : E. Boube, TRACES)
Peigne wisigothique conservé au musée Saint-Raymond de Toulouse (crédit photographique : E. Boube, TRACES)

La migration des Goths des rives de la Baltique à celles de la Garonne et du Tage

Par Emmanuelle Boube
Maître de Conférence à l'université Toulouse Jean Jaurès, TRACES

Les années 2019-2020 sont l’occasion de commémorer les 1600 ans de l’installation des Wisigoths, en 419, dans une partie du territoire du Sud-Ouest de la Gaule sur décision de l’empereur Honorius et de son patrice Constance. Toulouse devient alors le siège du pouvoir des rois goths. Au fur et à mesure des événements et interactions avec le pouvoir impérial, Toulouse devient, au cours du dernier tiers du Ve siècle, capitale d’un royaume souvent désigné comme le royaume de Toulouse. En près d’un siècle, les rois wisigoths établissent une dynastie et étendent leur autorité de la Loire au Sud de l’Espagne mettant ainsi en place un des premiers royaumes barbares d’Occident qui prendra fin, en Gaule, sous le règne d’Alaric II, au début du VIe siècle mais continuera en Espagne jusqu’en 711. Si tous ces événements sont assez bien connus grâce aux auteurs latins contemporains, les traces matérielles d’une présence germanique dans notre région ont souvent été considérées comme peu nombreuses ce que viennent contredire les récentes découvertes mises au jour dans le Sud-Ouest. Le 1600ème anniversaire de l’installation des Wisigoths à Toulouse est une belle occasion pour évoquer la migration de ce peuple des rives de la Baltique à celles de la Garonne et à celles du Tage. Cette communication présentera les résultats des recherches archéologiques, l'origine des Wisigoths, leur périple, le cadre romain dans lequel ils vivaient au cours des derniers temps de l’Empire et ce que l’on connaît de leur culture matérielle.


Le mercredi 18 mars 2020, 18:00-20:00
Gratuit. Réservation obligatoire sur le site Festik à partir du 18 février 2020.

 

Diffusion des économies agro-pastorales en Méditerranée (crédits : C. Manen)
Diffusion des économies agro-pastorales en Méditerranée (crédits : C. Manen)

Diffusion, migrations : aux origines des économies paysannes en Europe occidentale

Claire Manen
Directrice de Recherche CNRS, TRACES

En Europe occidentale, les recherches sur le passage d’un monde de chasseurs-collecteurs à un monde paysan, ou Néolithique, ont pris leur essor durant la première moitié du XXe siècle. Le débat se situe alors autour de deux modèles. L’un favorise les migrations progressives, depuis le Proche-Orient, de communautés néolithiques détentrices des savoir-faire liés à l’économie agro-pastorale. Le second privilégie, au contraire, les derniers chasseurs-cueilleurs indigènes et leur capacité à initier ou adopter les innovations techniques et économiques du monde agro-pastoral. Durant les années 1980, le caractère exogène des céréales (blé, orge…) et des caprinés (moutons, chèvres) domestiques est définitivement démontré. Aujourd’hui, la plupart des auteurs s'accordent entre eux pour admettre que l’émergence des économies paysannes est due à l'arrivée de nouvelles populations et qu'il s'agit du résultat d'une colonisation. Et ce sont autour des dynamiques de diffusion des nouveautés techniques et économiques néolithiques (animaux et plantes domestiques, poterie, pierre polie, etc.) et de leur transformation progressive que vont se concentrer les questionnements.


Le mercredi 29 avril 2020, 18:00-20:00
Gratuit. Réservation obligatoire sur le site Festik à partir du 29 mars 2020.

 

La nécropole préromaine et l’église wisigothique de la Silla del Papa (crédit photographique : C. Calastrenc et N. Poirier, TRACES)
La nécropole préromaine et l’église wisigothique de la Silla del Papa (crédit photographique : C. Calastrenc et N. Poirier, TRACES)

Le détroit de Gibraltar, carrefour de migrations de la protohistoire au Moyen Âge

Pierre Moret
Directeur de Recherche CNRS, TRACES


Lieu où les continents africain et européen se rapprochent à moins de 15 km, le détroit de Gibraltar n’a jamais cessé d’être parcouru par des migrants, des marchands, des pirates ou des conquérants. La fouille du site de hauteur de La Silla del Papa, qui domine le détroit au-dessus de la ville romaine de Baelo Claudia, est un observatoire exceptionnel de ces mouvements de populations.
Dès le IXe siècle avant notre ère, c’était une vaste agglomération dont les habitants furent en contact avec les premiers colons phéniciens, avant de recevoir les influences des Carthaginois, puis du conquérant romain. Des textes nous apprennent aussi que des Lusitaniens, lors de leurs raids en Maurétanie, y avaient leurs quartiers, et une inscription magique récemment découverte révèle la présence d’individus parlant le grec. Abandonné sous le règne d’Auguste, le site fut réoccupé à l’époque wisigothique, puis connut un dernier apport de population avec la conquête arabo-berbère. Sur ce site exceptionnel, l’archéologie montre que les flux de population et la variété des apports culturels ont débouché sur la formation d’une communauté aux traits puissamment originaux.


Le mercredi 6 mai 2020, 18:00-20:00
Gratuit. Réservation obligatoire sur le site Festik à partir du 6 avril 2020.

 


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